
En raison de mes obligations professionnelles, je ne peux pas regarder tous les matchs. Mais cette Coupe du monde est, sans conteste, la cour des grands. Le théâtre où les meilleurs buteurs croisent les plus fortes personnalités. Le rendez-vous des hommes qui veulent marquer l’histoire.

Et ce Mondial est une formidable leçon de vie.
Car ce que l’on observe sur les terrains (la détermination, le dépassement de soi, la résilience, la discipline et la quête permanente d’excellence) peut s’appliquer à toutes les sphères de l’activité humaine.
Prenons Kylian Mbappé.
Cette saison, la moitié de la planète football lui est tombée dessus. On l’a critiqué. Je l’ai critiqué. Le PSG a remporté sa deuxième Ligue des champions sans lui. Le Real Madrid a vécu une deuxième saison blanche avec lui. Il a été sifflé au Bernabéu. Ses prises de position publiques lui ont également attiré l’hostilité d’une partie de l’opinion française.
Bref, Mbappé est devenu, à bien des égards, le mal-aimé du football mondial.
Et pourtant.
Le voilà qui enchaîne les matchs, répond présent dans les grands rendez-vous et signe une Coupe du monde exceptionnelle. Il devient au passage le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France et le deuxième meilleur buteur de l’histoire du Mondial.
Le tout avec une étonnante sérénité.
Il suffit de l’observer en conférence de presse. Il répond avec calme, assurance et intelligence en français, en anglais comme en espagnol. On peut ne pas l’aimer. Mais il est difficile de ne pas respecter cette capacité à rester debout quand soufflent les vents contraires.
C’est souvent dans la tempête que l’on reconnaît les grands.
La plus belle manière de répondre aux critiques n’est pas de parler. C’est de réussir. Réussir pour soi, avec les autres et pour les autres.
Messi est en train de transformer sa vie en œuvre d’art.
J’ai eu l’occasion de séjourner en Argentine au mois de mai. Là-bas, Lionel Messi représente bien plus qu’un footballeur. Il est une source de fierté nationale pour un peuple qui, malgré ses difficultés économiques, conserve une élégance remarquable.
Lionel Messi est au football ce que Michael Jordan fut au basketball : un phénomène qui transcende son sport. Un dieu vivant déguisé en footballeur.
Et puis il y a Cristiano Ronaldo.
Avec Allen Iverson, CR7 demeure mon sportif préféré.
Cristiano est l’incarnation même de la persévérance. Il symbolise l’effort continu, l’abnégation, la discipline, la rigueur et cette capacité rare à toujours repousser ses limites.
Après une semaine de polémiques autour de ses performances face au Congo, il a répondu comme il l’a toujours fait : sur le terrain.
Sa complicité avec Nuno Mendes montre également une autre facette de sa grandeur. Celle d’un leader qui comprend qu’il faut parfois s’effacer pour permettre au collectif de briller.
Le sport, c’est la vie.
Il nous enseigne le travail d’équipe, le respect de l’adversaire, le respect des règles, le goût de l’effort, le courage face à l’adversité et, surtout, l’art de ne jamais abandonner.
Dans le contexte haïtien, cette Coupe du monde doit également nourrir notre réflexion.
Les États généraux du sport national s’imposent.
Il faut dresser l’inventaire de nos talents, évaluer nos infrastructures et repenser notre stratégie de développement sportif.
Il est temps de lancer une vaste campagne nationale de détection dans le football, le basketball, le volleyball, le tennis et le tennis de table.